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2008-11-12T14:27:00+01:00

Your hands around my throat 5ème volet

Publié par 2manyteachers

Toujours plus !

 

Les partenariats public-privé ( PPP):

 


ce nouveau dispositif autorise une concession privée, un contrat global pour la construction et l'entretien d'un patrimoine public ( cf les hôpitaux public-privé dans la communauté de Madrid); il tourne le dos à toutes les lois antérieures, et notamment le Code des marchés publics.

Le premier PPP a été passé en 2006 par le ministère des sports avec un consortium mêlant Vinci, Accor et Casino pour la rénovation et la gestion d'une partie de l'INSEP  ( Institut National du Sport et de l'Education Physique, voir photos) pour une durée de 30 ans.Dans ce partenariat, certains emplois publics ( techniciens et ouvriers, TOS) deviennent des emplois privés. D'autres PPP ont été lancés, par exemple pour un nouveau collège en 2007 dans le Loiret; mais à chaque fois, ces PPP font l'objet de recours en justice: ainsi le Tribunal Administratif d'Orléans a annulé le PPP pour le collège précité. Argument non négligeable contre ces partenariats: la Cour des comptes a rendu un jugement très négatif sur le coût de ces PPP ( tiens, au fait, qui est président de la Cour des comptes?).


 

Plan banlieues : entre choc et espoir ?

 

« The shock doctrine » ( la stratégie du choc)...Vous avez lu le dernier Naomi Klein? Bon, moi non plus; mais pour résumer ( grâce à là-bas si j'y suis), disons que les gouvernements  ( Klein  pense aux néolibéraux ) s'appuient sur des moments de crise, de choc émotionnel pour faire passer des lois qui en temps normal provoqueraient l'indignation dans l'opinion publique. Rappelez-vous du Patriot Act de Bush après le 11 septembre 2001.

Et chez nous? Regardez de plus près le plan « Espoir banlieues » annoncé après le traumatisme des émeutes. Encore un plan banlieue copié/collé, me direz-vous?

Mais avez-vous suivi le volet éducation de ce plan? Darcos accompagne Fadela Amara lors du lancement de ce plan, et il y tient un discours proprement surréaliste ( voir ci-dessous): après accord entre Sarkozy et le Secrétaire Général de l'Enseignement Catholique ( interlocuteur non reconnu par l'Etat, je le rappelle encore, mais les gouvernements installent de mauvaises habitudes), il est créée une niche budgétaire inédite, en-dehors de la loi Debré, pour créer 5O classes privées dans les quartiers « difficiles » ! 50, c'est peu, mais c'est une rupture totale avec la logique de la loi de 1959: l'Etat ne finance même plus a posteriori les établissements privés, il propose par une aide planifiée le développement de l'enseignement catholique sur fonds publics !!! Il n'y a donc que le privé catholique pour répondre au « besoin scolaire » des populations de nos banlieues?

Ces quartiers n'ont-ils pas besoin avant tout du service public de l'éducation?

 

Bilan : une somme de déviations depuis 1959.

 

  • L'Etat traite désormais avec la hiérarchie catholique et non plus avec les établissements pris séparément.
  • Les autres confessions ( tous comme les établissements sans confession) sont donc  chapeautées de fait par les catholiques.
  • Le privé a obtenu le principe de la parité des moyens public/ privé tout en conservant des obligations moindres.
  • Cette parité peut s'accompagner de disparités quand cela arrange les établissements privés: ainsi les taxes d'apprentissage versées par les entreprises aux établissements privés sont  bien supérieures que pour le public.
  • Surtout la France, qui se dit championne de la laïcité, est un des pays les plus favorables à l'enseignement  privé confessionnel : Avec 12 % de la population européenne, la France détient pourtant 33 % des établissements catholiques européens ( et 30 % des élèves inscrits dans ces écoles). Ce alors que certains pays ont un système éducatif beaucoup plus privatisé que le nôtre : le privé représente 73 % des effectifs scolaires aux Pays-Bas, 66 % en Belgique, et autour de 18 % en France. L'enseignement catholique est bien sur-représenté en France. Des pays comme le Royaume Uni, la Grèce et même l'Italie n'apportent aucun soutien financier aux établissements privés, d'autres les financent partiellement; la République laïque française  donne dans le paradoxe et l'exception en finançant à 100 % les établissements confessionnels sous-contrat!

 

 

Et toujours des bonnes citations:

 

 

« Au-delà de son caractère confessionnel, l'école privée tend à devenir une école de la différenciation sociale. C'est à dire l'école des parents qui ne veulent pas mettre leurs enfants avec les enfants des autres. Ou bien l'école est confessionnelle, et je la respecte comme telle, mais pourquoi la République devrait-elle la favoriser? Ou bien elle perd ce caractère confessionnel et devient l'école de la différence sociale. Et là encore elle n'a pas à être aidée davantage. L'école publique, elle, accueille tous les enfants quelles que soient leur origine et leur condition sociale: c'est elle qui a besoin d'être aidée et non l'inverse. »

Lionel Jospin, Ouest France du 15 décembre 1993

( à propos de la réforme de la loi Falloux)

 

« Je ne serai pas le complice du développement de l'enseignement public ( !!!). »

JP Raffarin, président de la région Poitou -Charentes à un colloque de l'enseignement catholique en 1994.

 

« Alors que l'enseignement privé a fait la preuve de sa capacité à accueillir des publics très divers, y compris des élèves en difficulté, et à leur proposer une pédagogie et un encadrement leur permettant de renouer avec la réussite scolaire, leur savoir-faire reste trop souvent aux portes de la banlieue parce que nous refusons de leur donner les moyens permettant de répondre à la demande. Je suis le ministre de toutes les formes d'enseignement, et je veux offrir aux familles la même liberté de choix que celles dont disposent les familles des centres urbains.
C'est pourquoi, dès cette année, un fonds d'intervention spécifique « Espoir banlieues » sera créé sur le budget de l'Education nationale pour permettre le financement des dépenses de fonctionnement des établissements privés qui accepteraient d'ouvrir des classes dans les banlieues. Je me fixe un premier objectif pour la rentrée 2008, la création de 50 nouvelles classes de l'enseignement privé dans les banlieues et je couplerai chaque fois que possible ces projets d'ouverture de classe avec les internats d'excellence. »

Xavier Darcos, discours du 14 février 2008

 

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