European Son ( L'Ecole dans le monde)

Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /2008 19:23


Des nouvelles du sytème éducatif américain par notre correspondant d'outre Atlantique. Merci à lui.
Les Etats-Unis connaissent actuellement une période de mutation très importante.En effet,les Américains ont élu un président noir et l'économie va très mal en ce moment...
 
Peu de temps avant l'élection,Obama était très en avance dans les sondages et rares étaient ceux qui auraient misé sur la victoire du candidat républicain McCain.Mais qui aurait parié sur Obama il y a un an?La crise économique et l'héritage de l'administration Bush ont évidemment été un lourd handicap pour McCain mais ces deux arguments ne sauraient suffir à eux seuls à expliquer la victoire du candidat démocrate.En effet,sa plus grande victoire aura été obtenue de haute lutte face à Hillary Clinton lors des primaires.A titre personnel,je pensais que les Etats-Unis étaient prêts à élire une femme à la tête de ce pays mais je me suis trompé.Obama aura gagné par son intelligence,sa stratégie et ce petit plus qu'on pourrait qualifier de "supplément d'âme".Inconnu encore il y a peu,il a réussi à vaincre le clan Clinton et a convaincu des membres influents du parti démocrate de ses compétences.La population a également évolué et nul doute que "l'Amérique" d'aujourd'hui est moins raciste qu'elle ne l'était auparavant.Le problème noir est toujours présent mais la population dans son ensemble est devenue plus tolérante.
La tâche de l'administration Obama est immense.Il faudra reconstruire le puzzle du monde,réparer les morceaux cassés et retrouver les pièces manquantes.Nul doute qu'Obama,de par ses origines,ses études,ses expériences présente un solide pédigrée.Mais attention de ne pas sombrer dans l'angélisme.En effet, les Etats-Unis tendent à avoir un comportement unilatéraliste ces derniers temps et ce, dèjà sous l'administration Clinton.Nul doute qu'avec la crise actuelle,la tentation du repli protectionniste sera encore plus tentante,bien qu'il y ait des règles existantes et des agences telles que l'OMC pour veiller au respect de celles-ci...
La situation économique est réellement préoccupante.Les mauvais chiffres mensuels du chômage s'enchaînent et les trois derniers mois auront été particulièrement mauvais.Les prévisions économiques les plus pessimistes étaient en deça de la réalité...Les secteurs de l'industrie automobile,de l'immobilier et de la finance sont très touchés mais ils ne sont pas les seuls.La crise touche maintenant de nombreux secteurs et s'étend telle une gangrène à l'économie dans son ensemble...
Cette crise concerne tous les Amériacains.Certes,les Américains à revenus les plus modestes sont les plus exposés mais de nombreux autres connaissent actuellement une période difficile.La tâche de l'administration Obama est donc immense.La situation est telle que même l'administration actuelle avait rompu avec le crédo néo-libéral et le "reaganisme" en relançant l'économie à travers des projets financés par l'Etat.Obama amplifiera ce keynésianisme mais à quel prix?Il est intéressant de constater que les Etats-Unis,réputés pour leur libéralisme,financent proportionnellement davantage de projets à travers l'Etat que l'Europe ne ne fait...
 
Quel impact la crise économique va-t-elle avoir sur l'éducation?
Cela dépendra en grande partie de la durée et de l'intensité de la crise actuelle.
De nombreuses familles américaines "investissent" dans l'éducation.En effet,compte tenu des frais de scolarité extrêmement élevés dans de nombreuses universités,des familles américaines dont les grands-parents,mettent de l'argent de côté pour leurs (petits) enfants.Mais de nombreux parents et grands-parents ont perdu beaucoup d'argent ces derniers temps.Certaines "personnes âgées" devront repousser l'âge de leur retraite et travailler de nouveau.Dans ces conditions,l'éducation est évidemment affectée.Certes,les universités peuvent aider financièrement les étudiants aux revenus les plus modestes mais cette aide pourrait être compromise.En effet,les avoirs des universités("endowments") ont  perdu beaucoup de valeur ces derniers temps et cela devrait avoir des répercussions sur les aides accordées.D'autre part,la tentation pourrait être plus grande d'augmenter les frais de scolarité afin de faire face à la crise...
Que dire des gens qui perdent leur travail et très souvent la protection sociale qui est lui est liée?Compte tenu des prix globalement élevés des assurances,des familles se serreront davantage la ceinture et privilégieront,s'ils peuvent le faire,une souscription à une assurance de santé pour toute la famille plutôt qu'investir selon leur souhait dans l'éducation.
Pour parler de l'école franco-américaine où je travaille,il y aura également des répercussions.En effet,c'est une école privée qui est financée en grande partie par les frais de scolarité.Des parents d'élèves ont perdu et perdent leur travail actuellement.Certes,ce sont des parents aisés pour la plupart mais cela fait mal.On m'a cité le cas d'une famille dont les deux parents ont perdu leur travail en même temps.Et il existe des familles à revenus modestes...De nombreux parents d'élèves ont deux enfants à l'école et cela fait  des frais de scolarité annuels de 20 000 dollars...
 
Nous avons eu une réunion exceptionnelle lundi dernier pour parler de la crise économique et de ses éventuelles conséquence sur l'école.L'école anticipe une baisse d'effectif l'année prochaine et envisage une légère augmentation des frais de scolarité.
Tout d'abord,des projets seront repoussés.On demande aux enseignants d'être "plus créatifs" et de faire attention aux dépenses superflues.Les dépenses de stage pour les enseignants(billet d'avion,hôtel) seront gelées l'année prochaine,de même que le montant accordé aux enseignants pour la sécurité sociale.Des enseignants qui changeront de statut l'année prochaine(visa différent)pourraient ne pas voir renouveler leur contrat car le satut H1B coûte 4000 dollars...
Signe qui ne trompe pas:des parents retirent leurs enfants des programmes after school(après la classe) depuis peu...
 
Malgré cela,la pérennité de l'école n'est évidemment pas à l'ordre du jour!
Par 2manyteachers - Publié dans : European Son ( L'Ecole dans le monde)
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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /2008 10:02

*John Lennon

La tapa sociale du jour n°3

Le crucifix a-t-il sa place à l'école ( en Castilla-Leon )?

 

Nouvelle controverse de Valladolid sur fond de liberté ( religieuse ?).

D'après  Publico, Metro et 20 minutos.

 

Où les autorités se renvoient la patate chaude...

 

Le gouvernement de la communauté de Castilla Leon ( PP, droite) vient de déposer un recours après la décision de justice obligeant l'école publique Marcias Picavea ( Valladolid) à retirer les crucifix de ses murs.

Le porte-parole de l'exécutif régional justifie ce recours en indiquant que « la sentence de la justice va à l'encontre d'une décision du Conseil scolaire, qui est une instance de gouvernement », et que le tribunal Supérieur de Justice de la communauté a reconnu en 2007  la compétence des conseils scolaires (  représentants de l'établissement scolaire et de parents d'élèves) sur la question des signes religieux. Il ajoute photo à l'appui que Zapatero et son gouvernement ont prêté serment devant une croix chrétienne; quand l'exemple vient d'aussi haut, peut-on dire qu'un crucifix dans une école est contraire à la Constitution ? Notre porte-parole s'exclame : «  dans ce cas, nous violons la Constitution depuis 30 ans ! ».


Le PSOE local ( gauche) demande au gouvernement régional d'éclaircir les raisons de sa volte face: ayant d'abord assuré qu'il respectait la décision de justice, le gouvernement a changé de décision suite à l'énorme polémique qui s'est développée.

20 minutos rappelle que la décision du tribunal administratif des contentieux de Valladolid, réclamant la disparition des signes religieux dans une école ( publique),  est une première en Espagne. Mais que la polémique avait déjà éclaté en Italie : un juge voulant retirer des salles publiques le crucifix, l'affaire était remontée jusqu'à la Cour suprême qui avait déclaré que « ce symbole est une tradition qui ne contredit pas le principe de laïcité de l'Etat »!

La ministre de l'Education explique que la présence de crucifix à l'école peut «  blesser la sensibilité » des enfants et parents qui ont une autre religion ou qui sont agnostiques. On voit là encore la grande autonomie des communautés ( ici la Castille-Leon, PP) face au pouvoir central ( gouvernement PSOE de Zapatero), l'absence surtout de cohérence dans les droits des Espagnols selon leur région.

Beaucoup de réactions de lecteurs dans les journaux, avec 3 arguments principaux des pro-crucifix:

  • la tradition catholique, la culture.
  • la liberté religieuse d'exprimer sa foi.
  • Le fait que les enfants sont soumis à d'autres influences beaucoup plus dangereuses qu'un crucifix ( « symbole de paix et de tolérance », fallait oser): par exemple la télé, par exemple les jeux videos ( par exemple les enseignants gauchistes?).  Bref, ce n'est pas urgent ! Ou variante: les autres pays le font bien ( respecter la liberté religieuse, mais surtout  du culte dominant), alors pourquoi pas nous?

 

On le voit, peu de questions de principes, peu de souci du public concerné (les enfants, dans un espace public): il nous faut encore éclaircir et rappeler la définition de cette « liberté » que les esprits intolérants nous brandissent sans cesse.

Cela me fait penser à une citation d'un penseur ultra-montain du 19ème siècle dont j'ai oublié le nom, les propos exacts mais pas l'esprit , qui dit à peu près ceci : «  Quand vous (républicains, démocrates) avez le pouvoir, je réclame la liberté d'expression, parce que c'est votre principe; quand c'est nous ( cathos réactionnaires) qui l'avons, je vous l'interdis parce que c'est mon principe »...

Par 2manyteachers - Publié dans : European Son ( L'Ecole dans le monde)
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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /2008 13:42
*Bloc Party

Par le 2manyteacher auteur de la série consacrée au livre main basse sur l'école publique, voici la tapa sociale de la semaine.
Elle est consacrée au port de l'uniforme dans les écoles privées madrilènes. Edifiant.

 

La communauté de Madrid veut financer le port de l'uniforme dans les écoles privées.

Une subvention à hauteur de 10 % pour des frais qui n'existent pas dans le public.

Article du vendredi 21 novembre 2OO8, Publico.

 

Où Esperanza Aguirre continue sa croisade libérale...

 

Notre présidente de Communauté préférée, Esperanza Aguirre ( Parti Populaire), fait encore parler d'elle avec sa fine équipe de néo-libéraux, et avec toujours autant de bonne foi...

Le principe de départ: subventionner à hauteur de 10 % les dépenses d'uniforme d'une part, et d'autre part les dépenses pour l'apprentissage de langues étrangères dans des cours privés, afin « d'aider les milieux défavorisés » qui ne peuvent faire face à ces coûts.

Or les uniformes n'existent que dans les écoles privées sous ou hors contrat: cela revient à ne subventionner que les familles qui envoient leurs enfants dans le privé...pas vraiment les plus pauvres.

De même pour l'apprentissage des langues, il s'agit bien d'aider ceux qui prennent des cours dans des instituts privés ( beaucoup de fils d'ouvriers, par exemple)...

Pour faire bonne figure, la subvention ne s'appliquera pas ( pour l'instant ?) aux plus riches.

 

Beaucoup de voix d'opposition (partis, syndicats, associations de parents...) dénoncent:

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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /2008 11:21

*Velvet underground


Une nouvelle rubrique pour une série d'articles sur l'Education en Europe.

Comme vous le savez, les 2manyteachers ont une vocation à devenir des stars internationales de la pédagogie et pour cela, ils s'intéressent à ceux qui font notre métier à l'étranger. 

Par l'auteur de la série consacrée à "Main basse sur l'école"

Cette série s'intitulera " les tapas sociales. Toutes ressemblances avec des réformes qui nous attendent ou qui sont déjà tombées ne sont que pures coïncidences.




Nouveaux tarifs dans les garderies à Madrid

Les associations de travailleurs signalent que certains familles ne pourront payer.

Article du 3 septembre 2OO8, el Pais.


 

Ou de l'art de bien utiliser une inégalité par les libéraux...

 

Il y a encore un an, dans la communauté de Madrid, pour les familles qui gagnaient plus de 64 000 euros à l'année, l'inscription en garderie publique coûtait 449 euros ( tarif spécial  hors échelon). Cette année, ces familles les plus riches rejoignent les tarifs normaux et ne paieront que 145 euros par mois...quasiment 4 fois moins que l'an passé !

Les personnels des écoles maternelles publiques s'inquiètent pour les familles les plus pauvres qui ne pourront pas payer leur inscription : une famille qui gagne 15 000 euros annuels payait auparavant 5 euros par mois pour 2 enfants; désormais elle devra payer 90 euros. Une porte-parole dénonce ce nouveau système de tarifs « injuste » où ceux qui ont moins sont davantage taxés. Dans d'autres communautés comme la Catalogne, les places gratuites en garderie ont été au contraire maintenues.

Pour justifier sa politique, la Communauté pointe les difficultés de gestion de l'ancien système , avec ses multiples tranches fiscales; avec seulement 3 tranches , ce sera plus facile...Elle estime surtout que le nouveau système empêchera la fraude ( certaines familles sous-déclaraient leurs revenus...en quoi cela va-t-il changer? la porte-parole de la Communauté admet que ces familles pourront continuer à tricher) et qu'il ne faut pas encourager le culte de la gratuité.

Les personnels font remarquer que le calcul des frais par famille prenait du temps le premier mois, mais qu'ensuite toutes les mensualités étaient égales; et que si la gratuité totale n'est pas forcément éducative, il faut maintenir une participation symbolique et modique; la hausse des tarifs pourrait provoquer une hausse de l'absentéisme.

Dernier argument de la Communauté: il était injuste que les familles qui emmenaient leurs enfants aux «  maisons d'enfants » (casa de ninos, autres établissements publics pour la petite enfance) déboursent 3O euros par mois , alors que des familles avec les mêmes moyens mettaient leurs enfants gratuitement dans les garderies publiques. N'aurait-il pas fallu faire exactement le contraire, pointe une directrice de crèche : que ces familles désargentées cessent de payer 30 euros par mois  à partir de cette année?




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Présentation

Le coup de pouce de Steven

Dès que son emploi du temps le lui permet, notre nouveau chroniqueur Steven Dorcel, vous fait gagner du temps dans vos nombreuses préparations en vous mettant à diposition un exercice clé en main pour votre classe.

Cette semaine : un exercice de cycle 2 pour apprendre une consigne simple : RELIER.

April 29, 1992 (Miami)

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